Par le Docteur Stéphane Auroy

La pénoplastie médicale à l’acide hyaluronique

Depuis l’antiquité, le pénis représente pour l’homme le symbole de la toute puissance, de la virilité, la force et la fertilité . Le Japon y consacre d’ailleurs une fête annuelle nationale en avril. Plus qu’un organe sexuel, il reste pour beaucoup d’hommes source de préoccupation majeure surtout s’il ne répond pas totalement à ses attentes sur un plan esthétique.

On peut en tout point comparer le pénis chez l’homme avec les seins chez la femme qui certes ne sont pas l’appareil reproducteur mais symbolise la féminité par excellence. L’implant mammaire est devenu coutumier et les femmes n’hésitent plus à y recourir quelques soient leurs motivations. De fait, la grande majorité des hommes, voire la totalité, s’est toujours interrogé sur la normalité de son appareil génital, atout majeur de sa virilité. Sa taille et son épaisseur constituent très souvent une source d’interrogation voire rapidement de complexe justifié ou non. Cependant, par crainte, par gêne mais très souvent par manque d’informations, très peu d’hommes osent en parler à leurs médecins et confier leurs ressentis et difficultés.

La pénoplastie médicale à l’acide hyaluronique constitue aujourd’hui la solution chez l’homme qui souhaite augmenter la taille de son pénis et ce de façon ambulatoire par simple petite anesthésie locale de façon indolore, reproductible et réversible. Elle s’adresse à tous les hommes une fois éliminées des contre-indications majeures. Elle permet sans chirurgie d’augmenter instantanément la circonférence du pénis (de 1cm à 5 cm) et dans une moindre mesure son allongement (1cm à 2cm par projection vers l’avant au repos due à la gravité). Elle répond à une attente première chez l’homme : l’augmentation de l’aspect au repos et l’épaisseur en érection et permet d’augmenter les sensations lors des rapports sexuels (il est plus facile d’augmenter la circonférence du pénis que de rétrécir le canal vaginal notamment après accouchement). À ce titre, les études sont unanimes : les sensations lors des rapports dépendent avant tout de l’épaisseur du pénis bien plus que de sa longueur. Les demandes peuvent être nombreuses : micro pénis (rare), syndrome du vestiaire chez le sportif, embellissement pur et simple d’une base correcte, réattribution d’une confiance en soi perdue et par voie de conséquence d’une performance. Quasiment indolore, grâce à deux points d’anesthésie locale pour le gland et le corps du pénis, la procédure dure environ 30mn à 45mn. Elle nécessite cependant une technique excellente et un sens certain de l’esthétique due à la nature même de l’organe (le pénis étant en mouvement constant) et impose de rester dans des proportions harmonieuses (gland /penis, corpulence du patient) plus que de satisfaire des fantasmes inappropriés.

L’injection du pénis se fait à l’aide de canules (en général 18G-22G) dont la longueur dépendra de la base de départ du pénis à injecter. Le point de pénétration de la canule doit être bien placé afin de minimiser une descente secondaire préputiale du produit. Le plan de clivage permettant une répartition uniforme du produit se situe dans l’espace cellulo graisseux situé entre le fascia super ciel (dartos) et le profond (buck’s) donc bien au dessus de l’albuginée et des corps caverneux. A ce stade, il conviendra de distinguer les patients non circoncis (définir la hauteur du prépuce pour minimiser la descente du produit) et ceux circoncis avec cicatrice de circoncision haute ou basse.

La quantité de seringues à injecter est à déterminer avec le patient en fonction de ses désirs et de la maquette établie lors de la consultation pré opératoire qui reste incontournable dans cette indication.

L’injection du gland se fera à l’aide d’aiguilles ou de canules 22G de longueur courte avec un point d’anesthésie à sa base et permettra d’augmenter son diamètre ,de le défroisser, de re-sculpter sa couronne et également d’agir (en partie) sur l’éjaculation précoce touchant 1/3 des hommes (en agissant sur l’hyper-excitabilité du gland et pas sur les autres composantes nombreuses dans l’éjaculation précoce). Le choix de l’acide hyaluronique est essentiel. Il n’y a pas actuellement de produit enregistré auprès des autorités de santé pour cette indication. En effet, le cahier des charges est exigeant dans cette indication (répartition sans amas, consistance sans dureté exagérée, bonne et homogène résorbabilité , peu ou pas de migration).

En revanche, les laboratoires VIVACY®, qui ont déjà obtenu le marquage CE pour le Désirial ® (acide hyaluronique pour l’intime féminin), mènent actuellement un projet de développement visant à enregistrer officiellement un produit spéciquement adapté à la pénoplastie en Europe. Les complications de la pénoplastie médicale sont rares si le protocole correct d’injection est respecté et les consignes post opératoires suivies à la lettre (pansement, massages, pas de sport aquatique, absence de rapport sexuel 8j) mais elles existent : mauvaise répartition du produit , mauvaise technique ou emploi d’un produit non adapté à cette localisation, migration testiculaire par excès de décollement lors du plan de clivage , oedème préputial, hypersensitivité transitoire). La fonction érectile n’est en aucun cas impactée. Les suites immédiates sont simples (ecchymoses voire hématomes, nodules nécessitant massages, oedème). L’évolution sur le long terme se traduit par une perte progressive du produit entre 30 à 60% la première année mais l’effet cumulatif de la répétition des injections se traduira par une brose intéressante pour la pérennité du résultat.

On peut envisager de pratiquer 2 séances d’injection la 1ère année pour obtenir un gain supplémentaire et surtout une durabilité dans le temps; puis une quantité moindre peut être injectée tous les 12/24 mois selon le désir du patient pour maintenir le résultat acquis.


Dr. Stéphane Auroy 

Le Docteur Stéphane Auroy est spécialiste en dermatologie et vénéréologie. Ancien chef de clinique des Hopitaux de Paris en dermatologie, il est spécialisé en dermatologie esthétique depuis 20 ans. Enseignant à Paris V depuis sa création en 2002 dans le DU « évaluation et contrôle des techniques d’injection et de volumétrie en dermatologie et chirurgie plastique ». Orateur dans le cadre de congrès esthétiques. Animateur d’ateliers de formation en injection et médecin investigateur dans le cadre de protocoles d’ études cliniques.

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